Du transhumanisme

pacte

L’enfer technicien est pourtant pavé des meilleures intentions. On nous promet abondance, bonheur et santé grâce à la machine. C’est tout juste si tel un marabout-de-boîte-aux-lettres l’expert ne nous promet-il pas la chance et la guérison de la calvitie ! Même speech en somme que pour toutes les techniques du passé, le téléphone, le nutritionnisme ou le nucléaire.

Mais c’est oublier les risques – inhérents à toute technique – et l’aliénation de l’homme : le cerveau humain fonctionne de manière chaotique et partiellement rationnelle quand la machine est procédurale et pleinement rationnelle.
Comment le cerveau humain, qui ne vit et ne créée que grâce à sa part d’irrationnel, y survivrait-il ? Vouloir mélanger les deux, c’est ouvrir la boîte de Pandore, c’est créer un hybride viable,  certes, mais à quel prix ! Nous perdrions une grande partie de notre libre arbitre, les décisions revenant à la machine greffée en nous, en fait à l’entreprise qui la vend. Ce que notre corps gagnera, notre esprit le perdra. Notre âme, après avoir été niée par des siècles de nihilisme, sera irrémédiablement dissociée de notre corps. 

Les buts

L’état, ce monstre amorphe devenu le jouet des gardiens du savoir, nous attend au tournant : il ne prendra ni plaisir ni haine à éradiquer notre humanité pour faire de nous les bons soldats du capital. En effet un des buts officieux du transhumanisme est l’augmentation de notre productivité, dont la contrainte majeure est actuellement nos limites physiologiques. La suppression de la chaîne de commandement, le rapport direct entre l’individu et le gouvernant est un autre but officieux. Nul besoin d’intermédiaires, de buts, d’idéaux ou de capos lorsque l’esprit est asservi, contrôlé et surveillé par la machine. Même Orwell n’avait pas été aussi loin, cela le dépassait.

Qui passera le Styx ?

Le nouveau transhumain dépassera l’humain dans toutes ses capacités physiques (voire mentales ?), ce qui est bien plus inquiétant que réjouissant : Ce ne sont pas en effet les grands d’âme qui souhaiteront souiller leur corps et aliéner leur esprit de cette manière.
Les futurs transhumains le deviendront par envie, par contrainte ou par stupidité; Cette lie de l’humanité insatiable de pouvoir que nous ne connaissons que trop dans notre monde bourgeois décadent, ces pauvres hères enchaînés aux contraintes de leur non-existence moderne et ces chèvres confondant être et avoir : voilà les potentiels transhumains.

L’élite errante

Les premiers sont les plus dangereux : nous parlons de gens déjà capables de vendre leur âme au démon pour plus de pouvoir. La sorcellerie est déjà le lot commun de beaucoup de ceux-ci. Le transhumanisme ne les rendrait que plus nuisibles et inamovibles.
Le rêve de tous ces gens est d’être immortels, sur un tas d’or et de cadavres toujours grandissant. Ils n’ont déjà plus d’âme, ils n’ont rien à perdre en accueillant la machine en eux.
Cette engeance sans noblesse ni scrupules est déjà acquise au technicisme et au Malin. La chute viendra par eux. Ils sont déjà au pouvoir; Ils choisissent les orientations de la recherche et de l’industrie.
Leurs langues sont dorées afin de faire passer pour de la charité et de la bonté ce qui n’est que leur soif de pouvoir et d’ascendant sur le bas peuple. Ils feront passer l’homme-machine comme le salut pour les malades et les invalides ; ils feront pleurer dans les chaumières pour mieux vendre nos larmes au prix du fiel.

Les damnés

Les seconds ne changeront jamais, éternels damnés du monde des vivants. Opprimés depuis leur naissance, ils sont incapables de s’affirmer, de se libérer et de se dresser debout sur le tas de ruines qu’est leur vie après une existence de compromis et de soumission.
Ils sont prêts à accepter toutes les horreurs à condition qu’on les y amène progressivement et qu’on leur jette un os insignifiant en échange. En faire des machines ne sera qu’une étape de plus vers la perte de leur humanité.
Ils serviront en soupirant et en pestant, mais serviront tout de même ces maîtres ignobles et laids. Ils iront jusqu’en Enfer si la pente est suffisamment douce et qu’on leur promet le Paradis au bout du chemin.

Les consommateurs béats

Les troisièmes font partie des dégâts collatéraux de la modernité. Je ne pense pas qu’ils valent la peine de s’attarder sur eux, même par charité. Ce sont des zombis, obéissant à la seule musique du joueur de flute médiatique.
Ils sont les hommes réifiés, charmés et fascinés par la technique. Ignorants de tout et passablement heureux par ce fait, ils ne survivraient pas en dehors du monde moderne. Ils ne feront pas qu’accepter leur robotisation, ils courront vers elle pour peu qu’on y appose une marque branchée et un prix prohibitif, fiers de bouffer du surgelé pendant 10 ans pour se payer leur aliénation à prix d’or. Ceux-là en réalité ne sont pas seulement égarés, ils sont déjà au fond du gouffre et ne font que consommer lentement ce qu’il leur reste d’humain.
Vouloir les sauver est certes très noble, mais revient à vouloir vider un lac avec une louche. Tant que la source ne sera pas tarie il en poussera plus qu’il n’en faudrait à notre monde malade.

Les combattants

Qui restera-t-il pour refuser la machine ? Une poignée de Mohicans, ceux qui déjà résistent, moins ceux qui tomberont dans ce combat, quelles qu’en soient les raisons. Accepter de devenir transhumain au prétexte de se mettre au niveau de nos adversaires est une faute impardonnable. Un transhumain est certes puissant mais n’a plus toute sa raison ni toute sa volonté propre. Il est donc le jouet de nos adversaires, créateurs de ces techniques.
Il faudra aussi tâcher de sortir nos contemporains des sables mouvants du progrès. Certains, surtout les plus enracinés, sont lucides, mais n’arrivent pas à poser de mots sur leur ressenti. Il conviendra de les informer des dangers du transhumanisme ainsi que des justifications mensongères que les vipères qui nous gouvernent useront pour persuader les crédules et les ignorants.
Sur ce combat, contrairement à d’autres, une minorité de combattants ne fera pas pencher la balance seule. Il faut le soutien – passif à minima – des masses dormantes.

Un humain qui se robotise fait une opération irréversible, tant sur son corps que sur son esprit et devient perdu à jamais à notre cause au profit de nos adversaires. Il sera contrôlé à degré variable par nos ennemis pour mener leur combat, donc notre perte.
Si la majorité se réifie complètement, nous n’aurons plus qu’à nous coucher par terre en attendant d’être tués ou bien mis en réserve comme Huxley l’avait écrit. Nous ne pourrons plus rien changer, car la foule passive qui permit les basculements passés sera devenue une armée de robots, actifs dans le sens de l’ordre en place.

Ce qui nous placera dans un dilemme insoluble : se déshumaniser en croyant être efficace et se fondre dans la masse, ou bien mourir en cage au milieu des robots.

Protéger ses données, tout numérique ou retour à l’analogique ?

Vous souhaitez envoyer une information sécurisée ?
Envoyez-là par La Poste, en double enveloppe, la seconde à l’envers dans la première.
L’analogique coûte bien trop cher pour pouvoir le surveiller massivement.
Une enveloppe simple protège très mal, il est peu difficile de glisser une caméra dans l’enveloppe en cas de doute (destinataire ou expéditeur fichés par exemple).
Pour un maximum de sécurité, n’hésitez pas à accompagner votre courrier d’un vieux brouillon, rendant même la plus puissante lampe inutile pour un déchiffrage par transparence.

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Soyez old school, c’est tellement minoritaire que ça n’est que peu surveillé.
Pour des fichiers, le mieux reste si vous ne savez pas comment crypter solidement, d’envoyer une bête carte SD par la poste (toujours en double enveloppe).

Ainsi le numérique, encapsulé dans de l’analogique, reste loin des grandes oreilles.

La voix est pas mal non plus. Pour peu que l’on se débarrasse de son téléphone, capable entre autres :
-D’écouter en champ proche
-De géolocaliser la personne (par GPS ou antenne)
-Certains modèles sont suspectés de photographier discrètement
-Les dernières bouses d’Apple enregistrent en plus vos empreintes, me dites pas que c’est juste pour éviter le vol du téléphone

Attention aussi avec les PC, aucune preuve formelle, mais je ne vois pas à quel titre ils ne feraient pas ce qu’ils font dans les téléphones.
En particulier les webcams, n’ayez pas confiance en la LED (mettez un cache). Les micros intégrés à tous les PC portables sont également à redouter. Là pas tellement de solution sinon une ouverture et débranchement (ainsi vous choisissez quand utiliser le micro en en branchant un externe)

Je voudrais terminer avec les OS. Fuyez Windows et Mac OS pour vos activités sensibles. Ils ont ouvert leur code aux gouvernements, pas aux utilisateurs. Cela veut tout dire.
Linux est de plus en plus accessible au grand public et sauf pour les joueurs, je ne vois pas de problèmes bloquants.

Plus que jamais il faut agir cachés. Le gouvernement dispose de moyens d’écoute extrêmement performants pour traquer et tenir dans son œil les éléments séditieux.
Mais nous ne sommes pas désarmés pour autant.

Soit on en a les compétences ou l’on souhaite les acquérir et on peut utiliser la technologie contre eux. Mais ces compétences requièrent un apprentissage et la moindre erreur peut créer une faille critique.

Soit on opte pour du classique, ce qui, bien fait est tout aussi efficace.
Après tout, Unabomber a réussi grâce à son rejet total de toute technologie et à son intelligence à rester l’homme le plus recherché des U.S.A pendant 18 ans. (Je ne dis pas de suivre son exemple en termes de modes d’action hein !)

Agilité et maurassisme

Il est des choses comme ça que l’on croirait très éloignées, impossibles à rapprocher mais qui pourtant présentent des aspects communs que l’on ne remarque souvent que par hasard, celui d’une lecture, d’une rencontre d’un événement.Ici deux courants de pensées que j’aimerais rapprocher :

  • L’Agilité, réponse du bon sens à la rigidité et la lourdeur des idéologies industrielles regroupées sous l’appellation d’Organisation « Scientifique » du Travail (O.S.T) : Néo-Taylorisme, Juridisme, Procédurisme …
  • Le Maurassisme, ou positivisme politique en réponse aux idéologies politique issues de la révolution libérale : Marxisme, Libéralisme, Nazisme …

Premier constat : les deux sont des réponses à des concepts apparus autour de la révolution industrielle ou bien grâce à elle.

Second constat : les deux se basent sur l’étude rationnelle des faits pour tirer des conclusions, ce sont des contre-idéologies.

Troisième constat : les deux constatent la faillibilité de l’humain et plutôt que de la nier, font avec et bâtissent des systèmes résistants.

Quatrième constat : les deux prônent des systèmes basés sur les compétences de chaque acteur et la liberté absolue d’exercer un rôle bien précis plutôt que de vouloir des rôles larges de touche-à-tout bon-à-rien.

Cinquième constat : les deux voient la réorganisation interne du système comme un moyen d’adaptation.

Sixième constat : les deux voient d’un bon œil l’auto-organisation des acteurs.

Septième constat : les deux ont pour but de servir le plus efficacement le commanditaire.

Les deux ne servent pas les mêmes buts, mais je trouvais intéressant ce rapprochement.