Google au secours des obèses de l’Internet

QUIC, SPDY et maintenant BBR. Les initiatives de Google sont louables, mais vaines.

Pour prendre une image : C’est comme agrandir les portes pour laisser passer les obèses. Quand ils auront encore grossi ils ne passeront plus. De plus l’agrandissement des portes n’apporte rien aux gens bien-portants et peut même en inciter certains à se laisser aller puisqu’il est aussi facile de vivre obèse que sain.

La seule solution pérenne capable de sauver la neutralité du net et Internet en général, c’est de dégraisser.
Non, une page web de 1Mo n’est pas normale. En comparaison, les œuvres complètes de Shakespeare pèsent 100 fois moins !
Même une vue Google Maps ne dépasse pas 500ko.

Mais pour ça encore faudrait-il que les développeurs web se forment à ne plus être des porcs. Il faudrait d’abord qu’ils aient conscience d’être d’ignobles saligauds, ce qui pose la question de créer un label de qualité, voire de réglementer l’accès à la profession pour les pires d’entre eux.

Salopez le serveur avec votre code bancal c’est vous qui payez, mais ne refilez pas votre chtouille au client. Si votre site ne peut pas être chargé en moins de deux secondes par la mamie du Cantal sur son ADSL (1Mb/s) c’est de la merde. Point, fin du débat.

Les administrateurs réseau se cassent le cul depuis 20 ans à accélérer le web. La seule réponse des devs web a été d’alourdir encore les pages. C’est comme si les constructeurs automobiles avaient profité de la sobriété en carburant des nouveaux moteurs pour créer des bagnoles à 24 cylindres.Très responsable comme comportement.

Je n’épargne pas les graphistes, qui ont pris tellement de drogues ces dernières années qu’une page doit à minima avoir 3 carrousels et 2 images en 4K et 18 feuilles de style pour être considérée comme belle. Même Pieter Bruegel faisait moins chargé que vos bouses.

Lussato avait averti dans les années 80 : soit l’informatique s’amende, s’allège et privilégie les microsystèmes décentralisés, soit elle crèvera de sa centralisation et de son obésité, devenant le jouet exclusif de quelques multinationales. Et ce sera bien fait.

Enzo Sandré

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